Amsterdam, la Belle du nord,

Sylvie et moi avons décidé de partir ce vendredi 21 octobre à Amsterdam pour courir le marathon avec Elisabeth de Sportifs à Bord. Nous prenons le train à la gare du Nord à Paris, nous traversons la Belgique et nous arrivons à la gare centrale d’Amsterdam. L’hôtel est en face ! Nous sommes superbement installés au cœur de la capitale. L’après-midi est consacré à aller chercher les dossards. Nous prenons le métro et nous arrivons au stade olympique des jeux de 1920. Nous empruntons les tribunes et sommes impressionnés. Dimanche, la piste me recevra pour, j’espère, terminer cette course. Je suis effectivement un peu inquiet ayant couru un superbe marathon un mois avant à Cape Town.

De retour du stade, nous profitons pour nous promener le long des canaux. Le samedi, nous poursuivons notre visite. C’est une magnifique ville dont l’ambiance avec ses anciennes constructions est particulière. Ce n’est pas une ville moderne, en tout cas son centre-ville. Elle est composée d’artères bordées d’immeubles anciens et bien sûr de nombreux canaux. La circulation est principalement faite de vélos et de piétons, sans oublier les trams. Les quelques voitures ne dérangent pas cette apparente quiétude sonore. Seul l’important trafic des vélos est impressionnant. Ils sont tous conduits avec agilité et rapidité. A nous, piétons de faire attention ! Nous sommes également surpris des nombreuses effluves de substances autorisées en Hollande qui parsèment notre balade.

Dimanche 7h30, nous voici à attendre le métro sur le quai pour nous diriger au stade qui servira de départ. Puis, après un changement nous nous retrouvons tous coureurs et accompagnateurs dans une rame bondée. C’est pour une station ! Heureusement puisque je pénètre dans ce métro sans pratiquement fouler le sol. Je suis littéralement porté par la foule.

Départ du marathon à 9h30 dans une superbe ambiance concentrée dans un stade en ébullition sonore. Le temps est propice. Quelque peu couvert et avec une température autour des 12°C.

Me voici parti avec les meneurs des 3H20’. Je dois me résigner après la sortie du stade et le premier kilomètre à les laisser partir. Je mets les freins. J’ai décidé de courir mon premier semi au rythme du second. Je me sens bien, les jambes répondent et le souffle aussi. Pour me forcer à ralentir, je décide de m’arrêter aux ravitaillements. Ainsi je récupère d’une allure trop rapide.

Nous traversons un parc puis un quartier jalonné d’immeubles modernes et donc vraiment différents de ceux du centre-ville. Voici l’architecture Hollandaise, réputée et osée ! Je me retrouve au 14° à calculer le nombre de kilomètres restants. Pas bon ! Puis nous longeons un canal bordé de splendides maisons ? Toutes aussi belles que parfois contemporaines. Je me force moins à ralentir. Je ressens un peu de fatigue. C’est à ce moment-là que j’accroche la foulée d’une coureuse. Nous nous mettons à courir ensembles. L’un devant l’autre et vice versa. Nous ne nous parlons pas, nous n’échangeons même pas un regard. C’est au semi qu’elle me regarde et me sourit en me félicitant avec son pouce et un air un peu surpris par le nombre d’encouragements que je reçois du public. Je porte un maillot Sportifs à Bord ; bleu, blanc, rouge! Elle est Hollandaise. Je lui dis quelques mots dans mon anglais français !!! Malheureusement, je me trompe. Au lieu de lui dire que je cours avec elle depuis le 14°, je lui dis qu’il reste encore 14km !!! Elle me répond sans que je comprenne mais nous continuons ensemble.

De nombreux spectateurs jalonnent le parcours avec régulièrement des groupes musicaux.

Nous avons quitté le canal pour nous retrouver dans un quartier sans intérêt. Seulement quelques kilomètres. Nous retrouvons la périphérie du centre-ville beaucoup plus agréable. A l’exception des rails des trams que nous devons éviter, l’ambiance monte. Le public est de plus en plus nombreux et nous encouragent vivement.

Je cours mécaniquement, je baisse la tête et m’accroche à ma partenaire du jour. Je crois que c’est réciproque même si sa foulée paraît plus aérienne que la mienne. Il reste 10 km, je suis dans le dur. Maintenant, les arrêts aux ravitaillements ne sont plus forcés mais nécessaires. Je marche pour boire, elle m’attend. J’ai mal aux jambes ! Je veux lui dire qu’elle peut accélérer si elle veut. Mais je n’arrive pas à trouver les mots en anglais !!! En fait, je ne les connais pas. Tant pis, je continue avec elle. J’ai l’impression d’aller plus vite au fur et à mesure que les kilomètres défilent. En fait, nous ne ralentissons pas. Nous maintenons la même allure depuis le 14°. Nous ne sommes pas Suisses mais nous sommes très réguliers. Elle est comme moi, ou plutôt je suis comme elle. Je ne sais pas mais peu importe. Nous avançons.

Le dernier kilomètre est très dur. Heureusement que les trois cent derniers mètres se courent dans le stade. Nous franchissons la ligne d’arrivée ensembles. Je la remercie et la félicite pour m’avoir aidé. C’est alors qu’elle me parle en français en me remerciant pour l’avoir accompagnée ! Elle est heureuse en m’annonçant qu’elle vient de pulvériser son record de plus de 10mn !!! Nous finissons en 3h45’ avec le premier couru en 1h53’et le second semi en 1h52’. Contrat rempli.

Ce séjour se termine le lundi après une visite de la ville en bateau. Magnifique week-end et marathon que je recommande avec quelques 17000 coureurs et une superbe ambiance. A la prochaine course en novembre au marathon du Beaujolais.

Hervé Cazelles

AJA marathon

sylvie et hervé